Vapotage : usages et réactions face au projet d’assimilation au tabac

Catégorie FIVAPE Sciences

Analyse et mise en perspective des résultats de l’étude réalisée en novembre 2025 par OpinionWay pour la FIVAPE auprès des vapoteurs actuels et passés.

En confiant cette étude à OpinionWay, la FIVAPE souhaite renforcer les connaissances et éclairer le débat public sur les usages de la vape et les réactions des consommateurs face aux projets de réglementations qui visent à assimiler la vape au tabac, que ce soit dans le cadre de l’article 23 du projet de loi de finances qui menace actuellement la filière indépendante de l’industrie du tabac et les vapoteurs, ou plus généralement dans la politique de santé publique, PNLT, information du public, etc.

La méthodologie et les résultats complets de l’étude OpinionWay sont disponibles en annexe à la fin de cette analyse.

Contexte

Depuis 15 ans, les certitudes sur le vapotage se renforcent et la science rassure : 

  1. le tabagisme baisse en France1 ;
  2. le tabagisme s’effondre chez les jeunes2 ;
  3. un français sur deux qui a arrêté de fumer déclare s’être aidé de la vape3 ;
  4. la vape est une aide reconnue par consensus scientifique4 pour le sevrage tabagique, deux fois plus efficace que les substituts nicotiniques et sans effets secondaires différents ou supplémentaires5 6 ;
  5. la moindre nocivité – au moins 95 % – du vapotage comparée au tabagisme est reconnue par les institutions7 et les travaux scientifiques8

L’impact positif du vapotage est indéniable.

Désinformation et défiance sur le vapotage

Cependant, plus d’un français sur deux pense que vaper n’est pas moins dangereux que fumer, voire plus dangereux, et ils sont 8 sur 10 à penser que la nicotine est cancérigène9.

Cette désinformation massive et inédite en santé publique est nourrie par une défiance vis-à-vis du vapotage10, qui nuit aussi à une évaluation apaisée et pragmatique des bénéfices / risques pour les personnes et pour l’intérêt général, compte tenu des coûts humains, sociaux et financiers du tabagisme. 

Les pouvoirs publics se sont laissés convaincre que la vape est un problème plutôt qu’une solution. Taxes, contraintes sur le statut des commerces spécialisés, interdiction de la vente en ligne, restriction des arômes, paquets neutres “comme le tabac” :  tous les projets visent à assimiler la vape au tabac.

Pourtant, face à ces projets de restrictions qui reviennent à confondre le remède avec le poison, de nombreuses voix s’élèvent chez les professionnels de santé experts en tabacologie11 12 13 14

Une filière indépendante face à Big Tobacco

La vapotage est l’ennemi N°1 du tabagisme, donc de l’industrie du tabac. Il est principalement porté en France par une filière indépendante de l’industrie du tabac, qui fabrique localement et distribue ses produits dans une optique de sevrage tabagique. 

Les professionnels Français prônent une vape utile et responsable. Ils dénoncent l’influence et les méthodes de l’industrie du tabac, à qui profiterait l’effondrement de la filière indépendante. Car si la vape devait être assimilée au tabac, elle serait diabolisée et, de fait, rendue moins efficace et moins accessible.. 

C’est dans cet état d’esprit qu’à été commandée une étude à OpinionWay, afin de : 

  1. faire le point sur les usages auprès de vapoteurs actuels et passés ;
  2. mesurer les réactions des vapoteurs actuels en cas d’instauration de mesures restrictives ;
  3. envisager les conséquences de ces mesures restrictives pour le marché de la vape et sa filière indépendante face aux acteurs du tabac.

OpinionWay pour FIVAPE
Étude auprès des vapoteurs actuels et passés

Résumé

Alors que la France compte environ 14 millions de fumeurs, les données convergent : 3 millions de personnes en France ne fument plus en s’aidant ou en s’étant aidé de la vape, soit autour de 2 millions d’usagers actuels, auxquels s’ajoutent  au moins 1 million de personnes qui ont aussi quitté la cigarette électronique.

Santé publique France a annoncé 4 millions de fumeurs en moins depuis 10 ans, l’impact de la vape est indéniable et positif : 52 % des vapoteurs quotidiens ne fument plus, son efficacité est ce qui la rend si populaire.

Le marché français repose essentiellement sur la filière indépendante qui favorise les produits locaux de qualité contrôlée, les matériels rechargeables et le conseil. 84 % des usagers pratiquent cette vape dite “ouverte”, efficace et responsable, plus économique et moins polluante que les cartouches scellées et jetables que privilégie l’industrie du tabac.

Toutes les mesures d’assimilation au tabac et d’entraves au vapotage conduiraient à des conséquences sanitaires majeures, avec 25 % des vapoteurs qui déclarent envisager de reprendre la cigarette si on leur impose de ne consommer que le goût tabac. Aujourd’hui, ils sont 83 % à utiliser des saveurs variées, gage reconnu de meilleure réussite pour arrêter de fumer.

Quelles que soient les mesures envisagées, les vapoteurs exclusifs seraient les plus nombreux à rechercher des solutions de repli pour continuer à vaper, quitte à se tourner vers les buralistes si le tissu des commerces spécialisés était détruit, ou vers les marchés illégaux. En revanche, les usagers les plus vulnérables seraient les plus exposés à un retour au tabac. Ainsi, 31% des jeunes adultes de 18 à 34 ans reprendraient la cigarette au cas où la vape se résumerait à l’arôme tabac, quand 25% des double-utilisateurs qui cumulent vape et substituts nicotiniques recommenceraient à fumer en cas de taxes sur les e-liquides.

Les conséquences économiques sur la filière indépendante seraient dans tous les cas considérables, avec un marché de la vape qui glisserait inexorablement vers les buralistes et les marchés parallèles, favorisant ainsi les produits de l’industrie du tabac et de l’étranger, mais aussi les produits illégaux non contrôlés. En cas d’interdiction de la vente en ligne, seulement 49 % de ses usagers choisiraient de se rendre en boutique spécialisée. Et si celles-ci devaient disparaître, 23 % des vapoteurs déclarent qu’ils reprendraient la cigarette.

Les études sur l’impact de la vape en France manquent encore. Mais les enjeux de toute mesure concernant le vapotage auraient de telles conséquences, sanitaires, sociales et économiques, qu’il n’est pas acceptable d’en débattre et de légiférer sur des a priori, des suppositions ou des croyances. Des données probantes existent déjà, elles doivent être prises en compte pour conduire une politique sur la vape qui s’appuie sur les véritables bénéfices / risques du vapotage par rapport à la cigarette, pour les personnes et pour l’intérêt général.

Résultats

L’objectif de cette étude est de comprendre les usages pour mesurer l’impact des réactions des vapoteurs en cas d’instauration de diverses mesures restrictives. Pour contrôler la fiabilité des résultats dans leur ensemble, certaines questions visent à corroborer ceux d’autres études. À une exception près, portant sur le nombre d’usagers de la vape (Q1 ci-dessous), les résultats sont comparables.

La méthodologie et les résultats complets de l’étude OpinionWay sont disponibles en annexe à la fin de cette analyse.

PARTIE I – LA CONSOMMATION

Q1 – Consommation actuelle ou passée : cigarettes, vape, substituts nicotiniques

Notre sondage a été mené à l’automne 2025 et les résultats sur la consommation de cigarettes classiques sont identiques aux données du baromètre santé 202415

  • Santé publique France (début 2024) : 18,2 % de fumeurs quotidiens, 25 % de fumeurs quotidiens + occasionnels ;
  • FIVAPE (fin 2025) : 18 % de fumeurs quotidiens, 24 % de consommateurs actuels.

Au-delà du décalage d’environ un an et demi entre les deux questionnaires, les faibles différences peuvent être imputées aux marges d’incertitude et aux variables de méthodes et de panels : 18 ans et plus pour la FIVAPE, 18 à 79 ans pour SPF, ce qui exclut dans les deux cas les mineurs.

Selon les données de l’INSEE16, la population française des 18 ans et plus, représente environ 55 millions de personnes. Ainsi, à l’appui des données de SPF, il y aurait encore autour de 14 millions de fumeurs adultes en France, dont 10 millions de fumeurs quotidiens. 

Concernant le nombre d’usagers du vapotage, les données révélées par cette étude sont en revanche significativement différentes de celles de SPF : 

  • Santé publique France (début 2024) : 6,5 % d’usagers quotidiens, et 8,4 % d’usagers actuels ;
  • FIVAPE (fin 2025) : 10 % de consommateurs quotidiens, et 20 % d’usagers actuels.

En s’appuyant sur les données de l’INSEE et de Santé publique France il y aurait donc 4,6 millions de vapoteurs en France, dont 3,6 millions de vapoteurs quotidiens. Mais selon l’étude menée par OpinionWay pour la FIVAPE, ces chiffres sont deux fois supérieurs : 11 millions de vapoteurs actuels, dont 5,5 millions de vapoteurs quotidiens. 

La distorsion de ces résultats peut également être imputée au décalage entre les questionnaires, dans une période d’engouement pour les puffs,  interdites début 2025 mais remplacées aujourd’hui par d’autres produits rechargeables ou illégaux, et également aux marges d’incertitude, variantes de panels, de méthodes ou de questions17 des instituts de sondage. Il peut y avoir par exemple des différences de perception entre les puffs, très médiatisées, et la vape traditionnelle, ou confusion entre un usage occasionnel et un essai “juste une fois”.

En tout état de cause, les 7 % des répondants qui déclarent avoir utilisé et arrêté la vape pourraient représenter plus de 3 millions de personnes selon l’INSEE, ce qui constitue un nombre significatif et appelle à se questionner sur leur statut actuel par rapport au tabac (voir Q3).

Enfin, alors que le Baromètre santé 2024 de Santé publique France ne renseigne pas sur les aides utilisées – ou pas – dans les tentatives de sevrage tabagique, l’étude OpinionWay pour la FIVAPE révèle que les substituts nicotiniques pharmaceutiques restent deux fois moins populaires que la vape, malgré leur prise en charge à 100 % par la sécurité sociale.

Q2 – Les consommateurs quotidiens de vapoteuse

Il y a trois profils d’utilisateurs quotidiens :

  • Les vapoteurs exclusifs
  • Les « dual users » qui utilisent la vape en association avec des substituts nicotiniques
  • Les « dual users » qui consomment à la fois vape et tabac , dits « vapofumeurs »

52 % des vapoteurs quotidiens ne fument plus, soit presque deux millions de personnes. La moitié d’entre eux se contente de la vape (27 %), et l’autre moitié l’associe à des substituts nicotiniques (25 %). 

Cette proportion importante de “dual users” vape + TNS (traitement nicotinique de substitution) souligne deux phénomènes que les professionnels de la vape constatent sur le terrain : 

  1. Le dosage maximum de 20 mg/ml de nicotine est souvent insuffisant pour de nombreux fumeurs en début de sevrage tabagique ;
  2. Les médecins sont nombreux à considérer la vape comme une aide utile à l’arrêt du tabac et à l’intégrer dans leur pratique18, parfois en association avec des substituts nicotiniques. Les boutiques de vape spécialisées reçoivent régulièrement des clients munis d’une ordonnance de leur médecin19.

D’après Santé publique France, les vapoteurs seraient 47,7 % à continuer de fumer, au moins occasionnellement. La FIVAPE est sur la même estimation, avec 48 % de vapofumeurs.

Il y a débat sur ce statut de vapofumeur. Si certains veulent y voit un échec du vapotage20, des études scientifiques montrent21 que le double usage permet non seulement une réduction des risques en fumant moins, mais conduit aussi plus facilement vers le sevrage total en réduisant progressivement l’envie de fumer, et avec plus de réussite pour ceux qui utilisent d’autres arômes que le goût tabac. À noter que cette proportion de vapofumeurs a peu varié depuis 2017 (50,3 %) alors qu’elle avait baissé brutalement de 15 % entre 2015 et 201722, lorsque la vape était mieux accueillie par les pouvoirs publics (groupe de travail à la DGS, intégration au Mois Sans Tabac, réunions publiques23, etc.).

Le climat anxiogène autour de la vape, la confusion avec le tabac et la désinformation sur les risques relatifs, vont s’amplifiant depuis quelques années, contribuant à démobiliser les vapofumeurs qui voient de moins en moins l’intérêt d’arrêter complètement la cigarette.

Q3 – Le comportement après l’arrêt de la cigarette électronique

36 % des personnes qui ont utilisé puis arrêté la vape ne sont plus fumeuses, soit plus d’un million de personnes en croisant les données de notre étude (Q1) et de l’INSEE. Parmi ces ex-utilisateurs de vape, 66 % ont arrêté ou réduit leur consommation de cigarettes, particulièrement les femmes (74 %) ainsi que 77 % des jeunes adultes de 25 à 34 ans, une tranche d’âge qui correspond par ailleurs à celle où les grossesses sont les plus fréquentes.

La performance du vapotage est incontestable et valide son utilité pour aider de nombreux fumeurs à quitter la cigarette ou, au moins, réduire leur consommation. 

A retenir : 

Au moins 3 millions de français ne fument plus avec l’aide actuelle ou passée du vapotage

• la France compte 14 millions de fumeurs dont 10 millions fument quotidiennement
• il y aurait au moins 4,6 millions de vapoteurs, dont 3,6 millions d’usagers quotidiens selon Santé publique France, mais OpinionWay pour la FIVAPE en compte environ deux fois plus (respectivement 11 M et 5,5 M).
1 vapoteur quotidien sur deux ne fume plus, en vapotant exclusivement ou en associant la vape à des substituts nicotiniques, soit près de 2 millions de personnes
• 36 % des personnes qui ont utilisé puis arrêté la vape, ne fument plus, ce qui représenterait plus d’un million de personnes.

PARTIE II – LES PRATIQUES DES VAPOTEURS ACTUELS ET PASSÉS

Q4 – Les points d’achat des cigarettes électroniques / e-liquides

Avec 78 % des consommateurs actuels qui achètent leurs produits sur les sites de e-commerce ou dans les boutiques de vape spécialisées, la domination du marché par les indépendants est très significative. L’offre en ligne est un pilier majeur du marché : 31 % des vapoteurs se fournissent sur les sites Internet spécialisés, dont 37 % vivent en zone rurale, alors qu’ils ne sont que 27 % en région parisienne.

Pour autant, notre sondage relève qu’une part importante de la vente de produits du vapotage est réalisée par des commerçants non-spécialisés, buralistes, épiceries, grandes surfaces, sites Internet généralistes, ainsi que via le marché noir, une évolution récente que montre la dernière étude économique XERFI24.

L’arrivée massive des puffs, puis leur interdiction sans aucune précaution ni concertation, a déjà provoqué une désorganisation du marché au détriment des acteurs indépendants, seuls à concentrer 100 % de leur activité sur la vape et meilleurs garants d’une pratique responsable. Ces acteurs affichent clairement un objectif d’arrêt du tabac, auquel ils se consacrent de manière exclusive par un accompagnement expérimenté et la mise à disposition de produits de qualité contrôlée, principalement fabriqués en France selon des normes exigeantes et rigoureuses.

Q5 – Les types de e-liquides de vape utilisés

Une très grande majorité (84 %) des consommateurs utilise du matériel rechargeable, format de prédilection des acteurs indépendants qui dominent le marché. La vape rechargeable est aussi la plus économique et la plus écologique, contrairement aux cartouches pré-remplies – scellées et jetables – très polluantes, que privilégie l’industrie du tabac pour faire des marges plus importantes et enfermer les consommateurs dans des modèles propriétaires, plus chers et moins efficaces contre l’envie de fumer, favorisant ainsi la consommation mixte (vapofumeurs).

En cas de taxes au millilitre, les produits rechargeables de la filière indépendante seraient beaucoup plus impactés que les produits dits “fermés” des cigarettiers, favorisant ainsi à nouveau l’industrie du tabac et ses cartouches scellées jetables, “miraculeusement” préservées de l’interdiction qui n’a visé que les puffs25

Q6 – Les arômes utilisés avec la cigarette électronique

Seuls 13 % des vapoteurs actuels n’utilisent que l’arôme tabac. Sortir du goût de la cigarette est un élément clé du parcours de sevrage, et la diversité des saveurs est un facteur de réussite essentiel, et reconnu, pour l’arrêt du tabac26

Outre l’absurdité d’imposer le goût du tabac à des fumeurs qui souhaitent s’en éloigner, restreindre la diversité des arômes impacterait 86 % des vapoteurs actuels en les forçant à changer leurs habitudes… et à se rapprocher à nouveau du goût du tabac.

Q7 – Le taux de nicotine habituellement choisi pour son e-liquide

Une très grande majorité des vapoteurs (81 %) utilise un taux de nicotine faible, à moins de 10 mg/ml. Pour les vapoteurs qui ne fument plus, baisser le taux est une étape logique du parcours vers l’arrêt de la nicotine. Mais pour les vapofumeurs, le sous-dosage en nicotine complique la lutte contre les dernières cigarettes.

La diabolisation de la nicotine d’une part, et les réglementations de 2016 d’autre part, ont modifié les habitudes des vapoteurs, qui ont fortement baissé leur taux de nicotine (divisé par deux entre 2013 et 2020), entraînant mécaniquement une forte hausse du volume vapé (multiplié par 3 entre 2013 et 2020) 27. Cela coïncide aussi avec le moment où le nombre de vapofumeurs a cessé de décroître (voir Q2). Le DIY (do it yourself) s’est quant à lui développé pour des raisons économiques, mais a conduit à réduire les taux de nicotine chez tous les types d’utilisateurs, y compris chez les primo-vapoteurs, qui auraient pourtant besoin de forts dosages pour mieux contrer leurs envies de fumer. 

À retenir : 

La filière indépendante est le pilier de la vape “ouverte”, efficace et responsable, qui domine en France et n’a pas encore été dévoyée par l’industrie du tabac, contrairement à ce qui est constaté dans d’autres pays

• 78 % des vapoteurs actuels se fournissent chez des commerçants spécialisés indépendants de l’industrie du tabac
• 84 % utilisent des e-liquides avec matériels rechargeables, plus efficaces,  économiques et écologiques que les systèmes “fermés” de l’industrie du tabac
• 13 % n’utilisent que l’arôme tabac, quand 86 % utilisent d’autres arômes
• 81 % des vapoteurs utilisent un taux de nicotine inférieur à 10 mg/ml.

PARTIE III – LES RÉACTIONS EN CAS D’INSTAURATION DE DIVERSES MESURES RESTRICTIVES

Q8 – Les réactions en cas d’instauration d’une taxe sur les e-liquides

Alors que Santé publique France confirme dans son baromètre 2024 que « les vapoteurs ont quasiment tous une expérience avec le tabac », l’instauration de taxes supplémentaires (il y a déjà une TVA à 20 %) revient à créer un nouvel impôt qui punit l’arrêt de la cigarette lorsqu’il se fait avec l’aide de la vape. Cette mesure est particulièrement injuste pour les populations les plus démunies, qui sont les plus durement touchées par le tabagisme mais aussi les plus nombreuses, sans doute pour des raisons économiques, à choisir de s’aider du vapotage pour arrêter de fumer.

Seulement 31 % des vapoteurs se résigneraient à une augmentation de prix sans changer leurs habitudes en cas de taxes. Cependant, l’essor du vapotage serait mécaniquement freiné, et de nombreux usagers envisageraient de réduire leur consommation de vape ou d’arrêter, quitte à reprendre la cigarette classique, comme l’affirment 19 % d’entre eux. Les dual users seraient particulièrement impactés : 23 % des vapoteurs utilisant aussi des TNS déclarent qu’ils recommenceraient à fumer en cas de taxes sur la vape.

Le marché subirait une nouvelle percée des achats illégaux et des recours à l’étranger, réduisant d’autant la part de la filière spécialisée, pourtant garante des bonnes pratiques, de la sécurité des produits  et de l’efficacité du vapotage dans une démarche d’arrêt du tabac.

Q9 – Les réactions en cas d’interdiction de la vente en ligne en France des produits de la vape

L’interdiction de la vente en ligne, au-delà des milliers de pertes d’emplois immédiates dans les entreprises concernées, serait un cataclysme pour toute la filière. Seulement 49 % des acheteurs en ligne actuels se rendraient alors dans une boutique indépendante spécialisée. Les buralistes et le marché noir seraient les principaux bénéficiares de cette interdiction, qui profiterait à nouveau aux produits de l’industrie du tabac et de l’étranger.

Les vapoteurs exclusifs sont très peu nombreux (7 %) à envisager de recommencer à fumer. Par contre, 25 % des vapoteurs utilisant également des TNS déclarent qu’ils reprendraient la cigarette en cas d’interdiction de la vente en ligne. 

Q10 – Les réactions en cas d’instauration d’un choix unique d’arôme “goût tabac”

Notre étude montre que la restriction des arômes est l’un des projets les plus destructeurs de l’outil le plus efficace et le plus populaire d’aide à l’arrêt du tabac qu’est la vape. Ainsi, 25 % des vapoteurs à qui on imposerait le goût tabac déclarent qu’ils recommenceraient alors à fumer, en particulier les jeunes adultes (32 % des 18 – 34 ans), tout comme, à nouveau, les usagers qui associent la vape avec des substituts (31 %).

Moins d’un vapoteur sur trois (29 %) se résignerait à n’utiliser que de l’arôme tabac. Les achats illégaux exploseraient (26 % des répondants) sans plus aucun contrôle de qualité et de traçabilité, et toute la filière française subirait des pertes de parts de marché considérables, fragilisant à nouveau son modèle éthique et responsable. 

Q8 – Les réactions en cas de fermeture des boutiques de vape

Si les boutiques de vape spécialisées devaient disparaître sous la pression administrative, l’impact sanitaire serait également considérable. 23 % des vapoteurs déclarent qu’ils reprendraient la cigarette, 28 % feraient de même chez les dual-users vape + TNS et 31% des jeunes adultes (18 – 34 ans) retourneraient au tabac.

Si, à force d’influence des lobbies, les buralistes devenaient les seuls dépositaires des produits de la vape, au-delà de l’impact de la fermeture des milliers de commerces de la filière indépendante, les fabricants français de e-liquides finiraient aussi par péricliter au bénéfice des produits de l’industrie du tabac et de l’étranger. Les vapoteurs exclusifs notamment, sont 28 % à déclarer qu’ils se tourneraient alors vers les marchés illégaux.

À retenir : 

Toutes les mesures de restrictions et d’assimilation de la vape au tabac détruiraient la filière indépendante, avec des conséquences sanitaires majeures

• selon les mesures et restrictions, de 19 à 25 % des vapoteurs déclarent qu’ils recommenceraient à fumer.
• en cas d’interdiction des arômes, 31 % des jeunes adultes (18 – 34 ans) et 31 % des usagers associant vape et TNS recommenceraient à fumer.
• en cas d’interdiction de la vente en ligne, seulement 49 % des usagers reporteraient leurs achats sur une boutique de vape spécialisée.
• toutes les mesures restrictives bénéficieraient aux buralistes et au marché noir, favorisant ainsi les produits de l’industrie du tabac et de l’étranger, au détriment exclusif de la filière indépendante.

Communiqué de presse le 14/1/2026 sur cette étude OpinionWay pour la FIVAPE : Sondage OpinionWay sur le vapotage en France : alerte sur les conséquences destructrices d’une assimilation au tabac

  1. Forte baisse du tabagisme en France : en 10 ans, 4 millions de fumeurs quotidiens en moins – https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2025/forte-baisse-du-tabagisme-en-france-en-10-ans-4-millions-de-fumeurs-quotidiens-en-moins ↩︎
  2. Les usages de drogues en Europe à 16 ans – Résultats ESPAD 2024 – https://www.ofdt.fr/publication/2025/les-usages-de-drogues-en-europe-16-ans-resultats-espad-2024-2608 ↩︎
  3. Attitudes of Europeans towards tobacco and related products – https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/2995 ↩︎
  4. Electronic cigarette for smoking cessation: a fast-track Delphi consensus of French-speaking experts – https://link.springer.com/article/10.1186/s13690-025-01725-x ↩︎
  5. Les cigarettes électroniques peuvent-elles aider les personnes à arrêter de fumer, et ont-elles des effets indésirables lorsqu’elles sont utilisées à cette fin ? – https://www.cochrane.org/fr/evidence/CD010216_can-electronic-cigarettes-help-people-stop-smoking-and-do-they-have-any-unwanted-effects-when-used ↩︎
  6. Electronic Nicotine-Delivery Systems for Smoking Cessation – https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2308815 / Electronic Cigarettes for Smoking Cessation — Have We Reached a Tipping Point? – https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMe2314977 ↩︎
  7. E-cigarettes: an evidence update – https://www.gov.uk/government/publications/e-cigarettes-an-evidence-update ↩︎
  8. Comparison of the chemical composition of aerosols from heated tobacco products, electronic cigarettes and tobacco cigarettes and their toxic impacts on the human bronchial epithelial BEAS-2B cells – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0304389420314060?via%3Dihub ↩︎
  9. Attitudes et comportements des Français face au cancer, résultats du 4e Baromètre Cancer – https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2023/attitudes-et-comportements-des-francais-face-au-cancer-resultats-du-4e-barometre-cancer ↩︎
  10. Qui a peur d’un monde avec moins de fumeurs ? – https://www.linkedin.com/pulse/qui-peur-dun-monde-avec-moins-de-fumeurs-jean-moiroud-9ikye/?trackingId=jSRn6%2FxmcoOVsEkWiB7s0Q%3D%3D ↩︎
  11. Pr Sébastien Couraud, Pr Benjamin Rolland – Sur la cigarette électronique, le Haut Conseil de la santé publique a une position “antivape” avec des arguments “antivax” – https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/03/04/sur-la-cigarette-electronique-le-haut-conseil-de-la-sante-publique-a-une-position-antivape-avec-des-arguments-antivax_6116192_3232.html ↩︎
  12. Pr Gérard Dubois – La fin du tabac ? – https://www.larevuedupraticien.fr/article/la-fin-du-tabac ↩︎
  13. Pr Bertrand Dautzenberg – Arrêtez de faire des bêtises en attaquant la vape, un produit efficace pour accompagner la fin du tabac ! – https://www.jim.fr/viewarticle/arr%C3%AAtez-faire-des-b%C3%AAtises-attaquant-vape-produit-2025a1000s8a ↩︎
  14. Dr Irène Frachon – Mois sans tabac : quelles solutions pour arrêter de fumer ? – https://www.lepoher.fr/mois-sans-tabac-tabac-pneumologue-tabacologue-irene-frachon-cigarette/ ↩︎
  15. Résultats de l’édition 2024 du Baromètre de Santé publique France : mieux connaître et comprendre les comportements, connaissances et opinions de la population en lien avec la santé – https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2025/resultats-de-l-edition-2024-du-barometre-de-sante-publique-france-mieux-connaitre-et-comprendre-les-comportements-connaissances-et-opinions-de-l ↩︎
  16. Population au 1er janvier – Données annuelles de 1990 à 2025 – https://www.insee.fr/fr/statistiques/5225246 ↩︎
  17. Baromètre de Santé publique France 2024. Questionnaire – https://www.santepubliquefrance.fr/docs/barometre-de-sante-publique-france-2024.-questionnaire ↩︎
  18. Electronic cigarette for smoking cessation: a fast-track Delphi consensus of French-speaking experts – https://link.springer.com/article/10.1186/s13690-025-01725-x ↩︎
  19. Bienvenue dans une boutique de vape spécialisée – https://www.youtube.com/watch?v=mBqt-_BQtPI ↩︎
  20. Le CNCT alerte sur la hausse de l’usage du vapotage et la désinformation orchestrée par le lobby de la vape – https://cnct.fr/communiques/le-cnct-alerte-sur-la-hausse-de-lusage-du-vapotage-et-la-desinformation-orchestree-par-le-lobb ↩︎
  21. Dual use of cigarettes and vapes can reduce risks of smoking and help smokers quit – https://www.eurekalert.org/news-releases/1108881 ↩︎
  22. BAROMÈTRE DE SANTÉ PUBLIQUE FRANCE 2017 – USAGE DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE, TABAGISME ET OPINIONS DES 18-75 ANS – https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/197752/2365558#:~:text=Les%20premiers%20r%C3%A9sultats%20du%20Barom%C3%A8tre,%2C%202%2C7%20%25%20quotidiennement ↩︎
  23. 1er Sommet de la vape le 9 mai 2016, et suivants – https://www.sommet-vape.fr/sommet-de-vape/ ↩︎
  24. LE MARCHÉ DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE À L’HORIZON 2030 – https://www.xerfi.com/presentationetude/le-marche-de-la-cigarette-electronique_DIS47 ↩︎
  25. Interdiction des puffs : une victoire pour la santé publique, l’environnement ou l’industrie du tabac ? – https://fivape.org/interdiction-des-puffs-une-victoire-pour-la-sante-publique-lenvironnement-ou-lindustrie-du-tabac/ ↩︎
  26. Mosimann AF, et al. « E-liquid flavors and nicotine concentration choices over 6 months after a smoking cessation attempt with ENDS in adult smokers. » Tobacco Prevention & Cessation, 2025. – https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39816168/ ↩︎
  27. THE EU NICOTINE USERS SURVEY 2020 – Rapport sur les résidents des pays de l’UE (37 000 répondants) –  ETHRA / Traduction en français – https://ethra.co/images/Rapport_ETHRA_Survey_2020_FR.pdf ↩︎