Alors que l’article 23 du projet de loi de finances relance le débat sur une assimilation du vapotage au tabac, la FIVAPE publie aujourd’hui les résultats d’un sondage OpinionWay réalisé en novembre 2025 auprès de vapoteurs actuels et passés.
Les enseignements sont sans ambiguïté : toute mesure affaiblissant l’accès à la vape ferait reculer la lutte contre le tabagisme, avec un risque massif de retour à la cigarette.
La politique sur la vape en France devient une crise de gouvernance sanitaire.
La vape, un levier majeur de sortie du tabac
En attendant, ces premiers résultats confirment une tendance indéniable depuis plus de 10 ans : les Français sont de plus en plus nombreux à choisir de vapoter plutôt que de fumer.
Des résultats qui confirment la place de la vape face au fléau du tabac
Les résultats confirment le rôle central du vapotage dans la baisse historique du tabagisme en France :
- 52 % des vapoteurs quotidiens ne fument plus, soit près de 2 millions de personnes ;
- 36 % des anciens utilisateurs de la vape ont arrêté de fumer, soit plus d’1 million de personnes ;
- au total, au moins 3 millions de Français ont d’ores et déjà cessé de fumer grâce au vapotage, aujourd’hui ou par le passé.
- 25% des vapoteurs quotidiens utilisent des substituts nicotiniques vendus en pharmacie (TNS) en plus de la vape. Les stratégies de sevrage par la vape sont co-construites avec les professionnels de santé.
Ces données s’inscrivent dans un contexte connu : la France compte encore près de 14 millions de fumeurs, dont 10 millions quotidiens, et le tabac demeure la première cause de mortalité évitable.
Assimiler la vape au tabac : un risque sanitaire documenté
L’étude OpinionWay mesure précisément les réactions des vapoteurs face aux projets de restrictions envisagés dans le débat public, dont les mesures associées à l’article 23 :
- Taxation des e-liquides : jusqu’à 19 % des vapoteurs déclarent qu’ils pourraient reprendre la cigarette, un chiffre qui monte à 23 % chez les usagers qui associent vape et substituts nicotiniques
- Interdiction de la vente en ligne : seuls 49 % des acheteurs en ligne se reporteraient vers une boutique spécialisée ; parmi les usagers les plus fragiles, 25 % des double-utilisateurs avec substituts envisagent une reprise du tabac
- Fermeture des boutiques de vape : 23 % des vapoteurs déclarent qu’ils reprendraient la cigarette, dont 28 % chez les dual-users avec TNS et 31% chez les jeunes adultes de 18 à 34 ans. Les vapoteurs exclusifs seraient 28 % à se tourner vers les marchés illégaux
Si l’article 23 passait en l’état, il ouvrirait également la voie à des restrictions sur les arômes par voie de décret, contournant ainsi les institutions démocratiques. 25 % des vapoteurs déclarent qu’alors ils reprendraient la cigarette, et jusqu’à 31 % chez les 18–34 ans.
Ces résultats convergent vers un constat clair : les mesures d’entrave au vapotage du gouvernement touchent en priorité les publics les plus exposés au tabagisme, et fragilisent l’outil le plus efficace d’aide à l’arrêt du tabac.
Une filière indépendante, pilier d’une vape responsable
Le sondage met également en lumière le rôle central de la filière indépendante :
- 78 % des vapoteurs s’approvisionnent auprès de commerces spécialisés indépendants : boutiques spécialisées physiques et en ligne.
- 84 % utilisent des dispositifs rechargeables promus par la filière indépendante, plus efficaces contre le tabac, plus économiques et moins polluants que les systèmes scellés proposés par l’industrie du tabac.
- 86 % des vapoteurs utilisent des arômes autres que le tabac, la diversité des arômes étant un facteur clé et reconnu de la réussite du sevrage tabagique via la vape.
Toute restriction massive profiterait mécaniquement aux marchés illégaux et aux produits de l’industrie du tabac, au détriment d’un écosystème français structuré, normé, créateur d’emplois non délocalisables et orienté vers la réduction des risques.
Un appel à une régulation fondée sur les faits
Pour la FIVAPE, ces résultats appellent à la responsabilité. Les enjeux sanitaires, sociaux et économiques sont tels qu’il n’est plus acceptable de légiférer sur la base de perceptions, de confusions ou de paniques morales.
Assimiler la vape au tabac, c’est confondre un outil de sortie du tabagisme avec le produit qui cause 75 000 décès par an. Les données montrent qu’on ne peut pas affaiblir la vape sans renforcer la cigarette.
La FIVAPE appelle les pouvoirs publics à retirer les produits du vapotage de l’article 23 du PLF 2026 et à entamer un travail de fond pour une régulation proportionnée, fondée sur les données réelles et alignée avec les objectifs de santé publique, afin que la vape continue de jouer son rôle dans la lutte contre le tabagisme.
La FIVAPE rappelle qu’elle n’a pas été consultée par les pouvoirs publics en amont de ce projet de loi, malgré sa représentativité très élevée et les propositions concrètes qu’elle formule depuis plusieurs années sur la régulation du vapotage en France.
Étude OpinionWay pour la FIVAPE
Vapotage : usages et réactions face au projet d’assimilation au tabac
CONTACT : SOLENN PETITJEAN – LABEL RP – 06 85 03 05 29 – solenn.p@labelrp.com