Révélations. D’après l’étude réalisée par OpinionWay, la nicotine est utilisée par 80 % des fumeurs qui ont arrêté avec une aide. 12 millions de Français déclarent vapoter, dont 6 millions quotidiennement.
Pour la deuxième année consécutive, l’enquête OpinionWay révèle que 22 % de la population des 18 ans et plus déclare vapoter : 11 % quotidiennement et 11 % occasionnellement. Cela représente, rapporté aux données populationnelles de l’INSEE environ 12 millions de personnes.
La proportion de vapofumeurs est importante (54 % des vapoteurs quotidiens) et semble progresser. D’un autre point de vue, cela indique que plus de 6 millions de fumeurs vapotent déjà, soit pratiquement la moitié des 15 millions de personnes qui fument encore actuellement.
Autre enseignement majeur de l’enquête OpinionWay : depuis plus de 30 ans, la nicotine est la solution d’aide principale et massivement utilisée pour arrêter de fumer. Sur la période depuis 2010, 80 % des personnes qui ont arrêté de fumer avec une aide déclarent avoir utilisé un produit affilié à la nicotine : substituts (18% de tous les arrêts, soit 31 % des arrêts avec une aide) ou vape (28% de tous les arrêts, soit 48,3 % avec une aide). Dans le même temps, les tentatives d’arrêt sans aucune aide (solution la plus inefficace) se sont effondrées de 82 % en 1992 à 42 % après 2010.
L’arrivée des puffs en 2022, suivies des néo-puffs après l’interdiction des puffs en 2025, et la diffusion de ces produits via des canaux de distribution alternatifs aux commerçants spécialisés et aux bureaux de tabac, a vraisemblablement contribué à relancer la popularité du vapotage. 19 % des personnes interrogées déclarent acheter leurs produits principalement dans des commerces non spécialisés, grandes surfaces ou épiceries, et 6 % au marché noir.
Les commerces spécialisés dominent très largement le marché (47 % des acheteurs). Leur clientèle est plus majoritairement composée de vapoteurs exclusifs et / ou quotidiens, et principalement pour les produits “traditionnels” de la vape ouverte destinée au sevrage tabagique : contenants rechargeables, flacons de 10 ml nicotiné ou grands formats DIY – do it yourself – sans nicotine avec ajout de fioles de 10 ml nicotiné.
La clientèle des bureaux de tabac (27 %) et des commerces non spécialisés (19 %) est plus majoritairement composée de consommateurs occasionnels et de vapofumeurs, et plus souvent pour se procurer des produits jetables, pods scellés (industrie du tabac) ou néo-puffs (liquides importés).
L’enquête constate par ailleurs que la diversité des arômes est plébiscitée par les vapoteurs : ils sont seulement 12 % à ne consommer qu’un arôme tabac. Et 82 % des vapoteurs consomment des liquides qui ne dépassent par le taux de 10 mg de nicotine par ml, ce qui est fréquemment insuffisant pour réussir et consolider un sevrage tabagique.
Recommandations de la FIVAPE
Les résultats de cette enquête justifient pleinement les positions et propositions de la FIVAPE pour une vision cohérente et structurée d’une politique de la vape dans l’intérêt général.
Avec les substituts arrivés dans les années 90 et l’essor massif de la vape depuis 2010, la nicotine est devenue l’aide principale, et presque unique (80 %), pour l’arrêt du tabac. Toute entrave à son usage est de facto contre-productive pour la lutte contre le tabagisme.
Les substituts nicotiniques sont remboursés intégralement par l’assurance maladie pour favoriser leur usage. Les produits du vapotage sont assujettis à 20 % de TVA, et cela ne semble pas avoir freiné leur essor. Par contre, toute taxe supplémentaire sur l’outil le plus populaire pour arrêter de fumer serait inadmissible, contraire à l’éthique et à l’objectif de lutte contre le tabagisme pour la santé publique.
L’interdiction des arômes nuirait aux usages actuels des vapoteurs et réduirait la réussite des sevrages. Par contre, les recherches doivent se poursuivre pour exclure les molécules douteuses afin de garantir le maximum de sécurité sur les produits. Cette surveillance incombe au ministère de la santé et à ses agences sanitaires et scientifiques.
Le projet de paquet neutre doit être abandonné par ses porteurs. Les produits du vapotage ne doivent pas être confondus avec les cigarettes. Interdits de publicité, les fabricants doivent pouvoir exprimer librement la singularité de leurs produits au moins sur leur emballage, à commencer par se distinguer de ceux de l’industrie du tabac.
Le savoir-faire des commerçants indépendants doit être reconnu et protégé. La FIVAPE propose d’établir un registre officiel des vendeurs de produits de vapotage auprès du ministère de la santé. Fondé sur l’objet social, ce registre permettrait d’écarter les commerces non-spécialisés qui n’apportent aucun conseil d’usage pour arrêter de fumer et qui privilégient la vente de produits jetables, les plus néfastes pour l’environnement et les plus accessibles aux jeunes faute d’un contrôle strict de l’âge.
Compte tenu de son impact majeur sur l’arrêt du tabac et de ses bénéfices pour la santé publique, la diabolisation insensée de la nicotine non fumée doit cesser. Et les pouvoirs publics devraient répondre au plus vite à l’injonction de l’ANSES concernant l’amélioration de l’information du public et des professionnels de santé sur le vapotage.
Téléchargez l’analyse et l’étude complète OpinionWay :
CONTACT : SOLENN PETITJEAN – LABEL RP – 06 85 03 05 29 – solenn.p@labelrp.com