Nouvelle étude en Australie : la vape 3 fois plus efficace que les substituts chez les fumeurs défavorisés

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Une étude récente, menée en Australie et publiée dans Annals of Internal Medicine, révèle que l’utilisation de la cigarette électronique s’avère nettement plus efficace que les substituts nicotiniques pour aider à arrêter de fumer, et particulièrement pour les personnes en situation de précarité.

Les fumeurs issus de milieux défavorisés présentent souvent une forte dépendance à la nicotine et rencontrent davantage de difficultés pour réussir leur sevrage que le reste de la population. Pour évaluer l’efficacité de différentes approches, des chercheurs australiens ont mené un essai clinique randomisé1 sur plus de 1 000 participants. Deux stratégies ont été comparées : l’une reposant sur les substituts nicotiniques, l’autre sur l’usage de cigarettes électroniques avec des e-liquides à la nicotine. Après six mois, près de 29 % des participants du groupe “vape” avaient cessé de fumer, contre moins de 10 % chez ceux qui avaient utilisé les substituts nicotiniques.

Vapotage vs substituts nicotiniques 

Lors de cette étude, les participants ont été répartis en deux groupes. Le premier groupe, celui des vapoteurs, avait la possibilité de choisir et d’utiliser un dispositif de vapotage parmi deux options : un réservoir rempli d’un e-liquide dosé à 18 mg/ml de nicotine ou un pod contenant un liquide à 40 mg/ml. Les deux dispositifs étaient disponibles en trois arômes différents, tabac, menthol ou fruit, et les participants pouvaient décider d’utiliser l’un d’eux ou de les combiner. Le second groupe, celui des TSN, disposait quant à lui de substituts nicotiniques traditionnels : des gommes dosées à 4 mg ou des pastilles à la menthe, selon leurs préférences.

Les conclusions claires des auteurs 

“Étant donné les difficultés d’arrêt rencontrées par ces populations socialement défavorisées, les cigarettes électroniques constituent une option thérapeutique prometteuse pour ce groupe prioritaire.” Les résultats de cette étude démontrent qu’un accès à ces produits est crucial. L’usage de la vape s’impose aujourd’hui comme un outil incontournable dans le sevrage tabagique et un soutien de poids pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer.

Ce que disait déjà Cochrane

En janvier 2025, une revue Cochrane a démontré que les cigarettes électroniques contenant de la nicotine sont plus efficaces que les traitements classiques de substitution nicotinique (TSN)2. Cochrane classait également les cigarettes électroniques avec nicotine parmi les méthodes les plus efficaces pour le sevrage tabagique3, aux côtés de la varénicline et de la cytisine. En conclusion de cette étude, le Dr Jonathan Livingstone-Banks, déclarait d’ailleurs : “Il est difficile d’arrêter de fumer, et certaines personnes ont plus de mal que d’autres à le faire […] il est donc important de chercher de l’aide pour arrêter de fumer. Il existe différentes formes efficaces de soutien au sevrage tabagique, et la cytisine, la varénicline et la cigarette électronique sont toutes des méthodes fondées sur des preuves qui augmentent considérablement les chances de réussir à arrêter de fumer.

Réduire les inégalités : un enjeu en France

En France, malgré une diminution notable du tabagisme depuis plusieurs années, de fortes disparités sociales persistent4. La prévalence du tabagisme quotidien est ainsi nettement plus élevée chez les personnes aux revenus les plus faibles avec 28,9 %, contre 17,3% chez celles ayant les revenus les plus élevés, soit un écart de 12 points5. L’étude australienne confirme à nouveau tout l’intérêt et l’efficacité de la cigarette électronique dans l’aide à l’arrêt du tabac, en particulier pour les populations en situation de précarité. En France, où le tabagisme reste un enjeu majeur de santé publique (75 000 décès par an), l’accès facilité à la cigarette électronique constitue un levier essentiel pour réduire ces inégalités.

À retenir

28,4 % des utilisateurs de vape ont arrêté de fumer après six mois, contre seulement 9,6 % dans le groupe utilisant des TNS.

Le vapotage a aussi montré un taux d’arrêt prématuré du traitement beaucoup plus faible (2,2 % contre 23,2 % pour les substituts).

L’accès à des e-liquides avec plusieurs arômes (tabac, menthol, fruits) favorise l’adhésion.

  1. Vaporized Nicotine Products for Smoking Cessation Among People Experiencing Social Disadvantage: A Randomized Clinical Trial – https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03531 ↩︎
  2. Les cigarettes électroniques peuvent-elles aider les personnes à arrêter de fumer, et ont-elles des effets indésirables lorsqu’elles sont utilisées à cette fin ? https://www.cochrane.org/fr/evidence/CD010216_can-electronic-cigarettes-help-people-stop-smoking-and-do-they-have-any-unwanted-effects-when-used ↩︎
  3. Quelle est l’efficacité des médicaments et des cigarettes électroniques pour arrêter de fumer, et qu’est-ce qui fonctionne le mieux ? https://www.cochrane.org/fr/evidence/CD015226_how-effective-are-medications-and-e-cigarettes-quitting-smoking-and-what-works-best ↩︎
  4. Santé publique France – Prévalence du tabagisme en France hexagonale en 2023 parmi les 18-75 ans (résultats enquête EROPP OFDT)-https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/tabac/documents/enquetes-etudes/prevalence-du-tabagisme-en-france-hexagonale-en-2023-parmi-les-18-75-ans ↩︎
  5. OFDT – Tabagisme et arrêt du tabac en 2023 (rapport détaillé avec focus sur les inégalités sociales et usage de la cigarette électronique)-https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2024-05/tt_24bil.pdf ↩︎