Vaper n’est pas fumer, mais…
Annoncé début juin, le gouvernement a fait évoluer la réglementation sur les espaces sans tabac. Depuis le 1er juillet, il est interdit de fumer aux abords des écoles, dans les parcs et sur les plages.
La vape n’est pas concernée. Ainsi les pouvoirs publics sacralisent un principe fondamental, édifié il y a plus de 10 ans par le Conseil d’État (voir ici) : vaper n’est pas fumer.
Cette ligne rouge, nous n’avons pas eu à la défendre. Je l’ai indiqué clairement à la journaliste qui me posait la question lors d’un débat sur France Info TV (voir replay du 29/6 dans la veille médias ci-dessous). Le ministère n’avait ni consulté, ni même informé la FIVAPE. Les professionnels français de la vape n’ont pas “influencé”.
Vaper n’est pas fumer : une évidence, incontestable. C’est la boussole qui doit guider une véritable politique d’intérêt général sur la vape, apaisée, raisonnable et pragmatique.
En revanche, concernant les annonces inquiétantes sur les arômes et le taux de nicotine, nous sommes montés au créneau. J’ai passé tout le mois de juin à enchaîner les rendez-vous, avec les ministères, l’administration et les parlementaires. Et il va falloir continuer, sans répit, tout l’été et à la rentrée…
Car les nouvelles ne sont pas bonnes. La restriction des arômes, la limitation du taux de nicotine, les emballages neutres et les taxes ne sont plus de simples déclarations, ce sont des projets à très court terme.
Je l’ai confirmé aussi sur France Info TV, la FIVAPE est consultée sur ces projets. Aurons-nous gain de cause ? Nos arguments résisteront-ils à la pression des autres lobbys ? Nous ne pouvons rien promettre, mais je peux vous garantir que nous exposerons aux pouvoirs publics tous les tenants et aboutissants des enjeux sanitaires et économiques afin que les décisions soient éclairées et prises en pleine connaissance de cause.
D’ores et déjà, la légitimité de la FIVAPE est acquise : nos interlocuteurs font bien la différence entre les indépendants et l’industrie du tabac, même lorsque celle-ci avance masquée. Nous utilisons des grilles de lecture qui permettent de poser qui veut quoi, et pourquoi. Par exemple :
Projets | Industrie du tabac, vapocigarettiers, ou buraliste | Filière de la vape indépendante | Antitabac |
Restriction des arômes | POUR | CONTRE Hormis un renforcement sur le contrôle des molécules (≠ goût) | POUR |
Restriction des taux de nicotine | ? | CONTRE | POUR |
Taxes sur le vapotage | POUR | CONTRE | POUR |
Emballages neutres idem tabac | POUR | CONTRE Hormis encadrer mieux pour éviter de donner l’impression de vouloir attirer les jeunes | POUR |
Interdiction de vente sur Internet | POUR | CONTRE | POUR |
Ambitions | Réduire l’accès et l’efficacité du vapotage pour endiguer la perte de clients sur les cigarettes | Aider 15 millions de fumeurs, en danger immédiat de mort et de maladies graves, à sortir du tabagisme | Protéger les jeunes au prétexte d’un « effet passerelle » présumé de la vape au tabac, supposé créer une nouvelle génération de fumeurs |
Les pouvoirs publics entendent convoquer la science. Nous l’espérons complète et sincère sur le rôle probant des arômes et de la nicotine dans l’efficacité de la vape pour arrêter de fumer.
De même sur toutes les données disponibles concernant les jeunes, notamment les travaux des institutions françaises (OFDT, INSERM, SANTÉ PUBLIQUE FRANCE…) qui confirment toutes, contrairement aux idées reçues et répandues, l’absence d’un effet passerelle, voire qui démontrent au contraire un effet de détournement.
Les jeunes sont la tranche d’âge chez qui le tabagisme baisse le plus depuis 15 ans, c’est-à-dire depuis l’arrivée de la vape. Il est donc absurde et indigne, compte tenu des millions de fumeurs aidés par ailleurs, d’accuser la vape de créer de nouveaux fumeurs ! Ce point est essentiel, car « protéger les jeunes » est devenu l’unique prétexte à des réglementations qui pénaliseraient 4 millions de vapoteurs et potentiellement 15 millions de fumeurs, au lieu de simplement faire appliquer la loi interdisant la vente aux mineurs.
Et il y a d’autres absurdités :
- vouloir cantonner au “goût tabac” des fumeurs qui veulent justement s’en éloigner ;
- taxer un produit qui aide à arrêter de fumer – démarche punitive incompréhensible dans un pays comptant plus de 30 % de fumeurs ;
- renforcer la confusion entre le poison et la solution d’aide, avec des paquets qui seraient tout sauf “neutres” car identiques aux cigarettes ;
- baisser le taux de nicotine, alors que les dosages élevés, au moins au début, sont indispensables pour éviter le manque pendant le sevrage, facteur le plus fréquent d’échec et de rechute dans le tabagisme, et que la nicotine n’est pas cancérigène ;
- favoriser objectivement les intérêts de l’industrie du tabac, dont les produits tuent 75 000 personnes par an en France, au détriment d’une filière indépendante de la vape qui a déjà aidé des millions de Français à ne plus fumer.
La FIVAPE rappellera aux pouvoirs publics les menaces économiques et sociales que font peser des mesures restrictives sur les 4 000 entreprises françaises et les 20 000 emplois locaux directs et indirects concernés.
Lors de la séquence sur les taxes fin 2024, nous avions déjà estimé, à l’appui d’une étude commandée à l’institut XERFI, un effondrement de la filière avec au moins 30 % de faillites et la perte de 5 000 emplois ! Autrement dit, une extermination volontaire des professionnels de la vape indépendants de l’industrie du tabac, qui sont objectivement les acteurs N°1 de l’arrêt du tabac et qui représentent 85 % du marché national !
Vous l’avez compris, nous entrons dans une séquence cruciale pour notre survie.
Votre soutien est indispensable, nous devons être nombreux et renforcer nos moyens. Adhérez à la FIVAPE, parlez du syndicat à vos confrères et même à vos fournisseurs de services connexes : nous venons justement d’ouvrir un nouveau statut, celui de Membres Observateurs Dynamiques (MODs), qui permet aux partenaires de notre filière, quels que soient leurs domaines d’activité – fabricants d’étiquettes, d’emballage, aromaticiens, prestataires informatiques, logistique, etc. – de soutenir nos actions. Contactez-nous ici pour avoir les infos.
Plus mobilisé et déterminé que jamais, je vous souhaite un très bon été,

Jean MOIROUD
Président de la FIVAPE

