Santé publique France a publié cette semaine les résultats de son baromètre santé 2024 qui dévoile de nouvelles données sur le tabagisme, les tentatives d’arrêt, le mois sans tabac et le vapotage.
Dans un climat de controverse, exacerbé par le projet de loi de finances qui menace la filière de la vape indépendante de l’industrie du tabac, les résultats complets du baromètre santé étaient très attendus.
Santé publique France explique avoir changé de méthode, précisant que d’autres résultats viendront plus tard, sans indication de date. Ceux-ci seront également très attendus, car les données publiées pour l’instant sont incomplètes par rapport aux éditions précédentes.
En attendant, ces premiers résultats confirment une tendance indéniable depuis plus de 10 ans : les Français sont de plus en plus nombreux à choisir de vapoter plutôt que de fumer.
Des résultats qui confirment la place de la vape face au fléau du tabac
Les données principales sont simples et significatives :
- le tabagisme a fortement reculé ces dernières années en France, avec une impulsion qui démarre à l’arrivée du vapotage ;
- le vapotage progresse régulièrement ;
- le solde net de consommation de nicotine est en forte baisse ;
- les vapoteurs quotidiens en 2024 ont quasiment tous une expérience avec le tabac (97,2 %) ;
- ce sont les populations les plus précaires, également les plus touchées par le tabagisme, qui sont les plus nombreuses à se saisir de la vape, sans doute pour des raisons économiques.
Toutes les données concordent pour consacrer l’impact positif majeur du vapotage sur la baisse de la prévalence tabagique en France et son accès équitable auprès de toutes les populations.
C’est un constat très gratifiant pour les professionnels de la filière française du vapotage, contraints de se battre actuellement pour avoir le droit d’exister. Grâce à eux, et malgré l’entrisme de l’industrie du tabac, le vapotage n’est pas dévoyé en France : il reste essentiellement un outil d’aide à l’arrêt du tabac.
Des données incomplètes
Les résultats sur le tabagisme et le vapotage du baromètre santé sont désormais séparés. Alors que toutes les données montrent que seuls les fumeurs s’intéressent au vapotage, cette étanchéité interroge car elle évite la mise en valeur d’une causalité pourtant évidente, et contribue à présenter la vape non plus comme une solution à un problème, mais seulement comme un problème.
Des données importantes manquent dans les résultats. Il y a bien un chapitre “Tabagisme : usage, envie d’arrêter et tentatives d’arrêt”, mais les méthodes choisies par les fumeurs ne sont plus communiquées, alors que cette information est essentielle.
Il manque aussi des données sur les historiques, en particulier sur les classes d’âge, empêchant de suivre les évolutions des consommations. Le suivi des personnes qui arrêtent la vape après avoir quitté la cigarette manque également, tout comme celui des rechutes, vers la vape ou vers la cigarette.
Les statuts “vapoteurs exclusifs” et dual-user “vapofumeurs” sont bien identifiés, mais il manque un autre profil de type dual-user, essentiel lui aussi, qui recouvre les usagers “vape + substituts nicotiniques”. Pourtant cette pratique est très répandue, notamment à l’initiative de prescriptions par des médecins. L’éclairage du consensus des experts de la SFT confirme qu’ils sont nombreux à intégrer le vapotage dans leur pratique pour aider leurs patients à arrêter de fumer, que ce soit en usage exclusif ou en association avec des traitements nicotiniques de substitution (TNS) ou d’autres médicaments.
Des commentaires inquiétants
Pourtant, les commentaires du baromètre santé autour des résultats sur le vapotage, repris dans tous les médias, restent très réservés et ambigus.
Santé publique France s’inquiète de composés toxiques, de BPCO, ou de symptômes d’asthme à partir d’études isolées, alors qu’elle cite par ailleurs la méta-analyse Cochrane fondée, elle, sur 90 études répondant à des critères de qualité stricts et mise à jour en continu. Or, selon cette méta-analyse basée sur des données probantes et d’un niveau de confiance élevé, le vapotage avec nicotine est une aide plus efficace que les substituts nicotiniques, et sans méfaits significatifs plus nombreux ni différents que les effets courants des TNS – irritations, maux de tête, toux ou nausées.
De même, les concepts de “porte d’entrée” et de “renormalisation du tabagisme” s’invitent à nouveau dans les commentaires de Santé publique France, alors que les données les plus récentes de l’OFDT ont montré à plusieurs reprises que le tabagisme des jeunes s’effondre, ainsi que le solde net de consommation de nicotine.
La question de la perception des risques relatifs entre vaper et fumer est complètement occultée. Pourtant, c’est Santé publique France elle-même qui a montré, en collaboration avec l’INCa, que 79,4 % des Français pensent que la cigarette électronique peut provoquer le cancer, 52,9 % considérant même que la cigarette électronique est aussi voire plus nocive que la cigarette de tabac. Cette désinformation massive est anormale, elle influence le comportement des fumeurs.
Force est de constater que Santé publique France, malgré les résultats qu’elle publie, peine à reconnaître la place et l’impact positif du vapotage dans la lutte contre le tabagisme, invitant néanmoins à ne pas décourager les fumeurs qui se seraient engagés dans une tentative d’arrêt du tabac avec l’aide de la vape.
Le baromètre santé est un outil indispensable qui mériterait plus de précision. L’absence de données essentielles ouvre la porte à la construction de trop nombreuses conjectures et récits imaginaires, qui nuisent à l’intérêt général et font passer la vape pour un problème plutôt qu’une solution.
Mois Sans tabac
Le baromètre santé consacre un chapitre à l’évaluation de l’efficacité du Mois Sans Tabac. Environ 220 000 personnes déclarent ainsi avoir fait une tentative d’arrêt grâce à la campagne. Cette performance est à mettre en regard des plus de 230 000 signataires de la pétition NE TUEZ PAS LA VAPE qui, eux, réclament simplement que l’on n’entrave pas leur parcours de sortie du tabagisme.
Lobbies antivape ?
La FIVAPE s’étonne de l’influence de lobbies qui ne sont ni des agences de santé, ni des sociétés savantes, sur la perception du vapotage par les pouvoirs publics. Suite à un communiqué du CNCT, agressif et ciblé contre les professionnels indépendants de la vape, et qui livre des interprétations abracadabrantes des résultats du baromètre santé, Jean Moiroud, président de la FIVAPE, réagit personnellement.
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