UK : Mise au point du Dr Linda Bauld dans The Guardian

“Les preuves s’accumulent : les cigarettes électroniques sont définitivement plus sûres que le tabagisme”, tel est le titre de l’article qui fait le point sur les études publiées en 2017 et qui dénonce la désinformation dans les médias.

Le Dr Linda Bauld, professeur de politique de santé à l’Université de Stirling, directrice adjointe du Centre d’études sur le tabac et l’alcool britannique et titulaire d’une chaire au Cancer Research britannique (CRUK), s’insurge contre les messages alarmistes et/ou non documentés qui font le jeu de l’industrie du tabac en effrayant les fumeurs susceptibles de passer à la vape.

Oui, la vape est plus sûre que le tabagisme et Linda Bauld revient sur les études de 2017 qui le confirment. Publiée dans les “Annals of internal medicine” une étude financée par Cancer Research UK a comparé sur 16 mois l’exposition à des substances toxiques entre des personnes qui avaient cessé de fumer grâce au vapotage et aux substituts nicotiniques et des fumeurs. La conclusion est une “grande réduction de carcinogènes et d’autres composés toxiques chez les vapoteurs par rapport aux fumeurs, mais seulement si l’utilisateur avait arrêté de fumer complètement”.
Une autre étude a comparé les substances toxiques présentes dans la vapeur et la fumée et conclut que vapoter ne comporte qu’1% de risque de développer un cancer.

Le Pr Linda Bauld insiste également sur les différents exemples de traitement politique de cet outil de substitution au tabagisme qu’est la vape. L’Angleterre est d’ailleurs l’un des pays les plus précurseurs en la matière. Aux organismes de santé qui encouragent le vapotage depuis la publication du rapport de Public Health England en 2015, s’ajoutent en 2017 le soutien du Royal College of General Practitioners et de la British Medical Association, qui ont également publié de nouveaux rapports allant dans le même sens. En 2017, la publicité pour «Stoptober» a également intégré les e-cigarettes dans sa campagne pour arrêter de fumer.

En Écosse, le vapotage est soutenu par Health Scotland et ses organismes satellites, ainsi que par le médecin en chef de l’Écosse. Quant à la Nouvelle-Zélande, sa nouvelle politique se rapproche de celle du Royaume-Uni après son revirement complet l’année dernière.

Si les choses avancent plus ou moins vite dans d’autres pays, c’est certainement la crainte que le vapotage soit une passerelle vers le tabac, notamment chez les jeunes. Linda Bauld rappelle que “2017 a vu la publication de la plus grande étude au monde sur les jeunes et le vapotage, incluant plus de 60 000 adolescents. Il a été constaté que pendant l’expérimentation avec ces produits, l’utilisation régulière par les adolescents qui n’avaient jamais fumé reste très faible, à moins de 1%. Pendant ce temps, au Royaume-Uni et dans de nombreux autres pays comme les États-Unis, les taux de tabagisme chez les jeunes continuent de baisser à un rythme encourageant. Si le vapotage provoquait le tabagisme, ces tendances s’inverseraient.”

Linda Bauld conclut son article par un appel à la presse et aux autorités publiques, et des encouragements aux fumeurs : “Quel moyen a le fumeur pour faire face à la controverse continue et l’intérêt insatiable de la presse sur le vapotage ?  Qui devraient-ils croire ? De bonnes sources d’information existent mais elles ne sont pas assez importantes. Nous avons besoin d’informations publiques claires, provenant de sources fiables, pour crier au-dessus du bruit et livrer les faits. Et ce sont les faits. Si vous fumez, la meilleure chose à faire pour votre santé et celle de votre entourage est d’arrêter de fumer. Si vous choisissez de vapoter pour arrêter de fumer, c’est génial, et personne ne devrait vous critiquer pour ce choix.”

Magali EGLER - Chargée de communication, le 2 janvier 2018